Paris au plus haut depuis six mois !
Grâce à la Fed, la Bourse de Paris clôture au-dessus du seuil des 3.900 points, à 3.916,78 points (+ 1,92 %). Un scénario inédit depuis six mois environ. Le Cac 40 ne cède plus que 0,5 % depuis le 1er janvier. L’euro repasse au-dessus de 1,42 dollar et l’once d’or est propulsée à plus de 1.380 dollars à Londres.
«Acheter la rumeur, vendre la nouvelle». Cet adage boursier ne s’est pas vérifié en Bourse. Le principe d’un nouvel assouplissement quantitatif de la part de la Réserve fédérale américaine (Fed) afin de relancer la machine économique et de lutter contre une inflation jugée trop faible était, sinon acté, amplement acquis depuis cet été, et les estimations sur un montant de 500 milliards de dollars, via des rachats de bons du Trésor, largement répandues. «Peu importe le montant, le marché sera déçu», confiait même il y a peu de temps un analyste de la place parisienne.
Pourtant, l’annonce mercredi soir par la Fed d’un plan de 600 milliards de dollars a été très bien accueilli par les opérateurs boursiers à travers le monde. A Tokyo, le Nikkei 225 a clôturé la séance de jeudi sur un gain de 2,17 %. Les places européennes lui ont emboîté le pas: à Paris, le Cac 40 s’adjuge 1,92 %, ce qui lui permet de s’affranchir du seuil des 3.900 points pour la première fois depuis fin avril. L’indice termine à 3.916,78 points, dans un volume d’affaires étoffé de 4,67 milliards d’euros. L’indice ne cède plus que 0,5 % depuis le 1er janvier. A Londres, le Footsie prend 1,98 % jeudi à 5.862 points et à Francfort, le Dax avance de 1,77 % à 6.734 points. Les marchés américains, dont la première réaction au plan de la Fed a été timide, progressent plus nettement jeudi. Le Dow Jones s’adjuge 1,64 % à 11.398 points, le Nasdaq Composite gagne 1,21 % à 2.571 points et le S&P 500 prend 1,48 % à 1.215 points.
Conséquence collatérale, et prévisible, de la décision de la Fed, le billet vert continue de se déprécier face à l’euro à 1,4220 dollar après avoir atteint 1,4282 dollar en séance. La politique entretient la faiblesse du dollar, ce qui ne semble pas inquiéter outre mesure Jean-Claude Trichet. Le président de la Banque centrale européenne (BCE), qui s’exprimait en marge de la décision sur la politique monétaire ? le principal taux directeur est laissé inchangé à 1 % – s’est dit totalement confiant dans le fait que les Etats-Unis ne jouent pas le jeu du dollar faible. «Je ne dispose d’aucune indication me faisant douter de ma conviction que ni le président de la Réserve fédérale ni le secrétaire d’Etat au Trésor ? sans parler du président des Etats-Unis ? n’ont adopté de stratégie ou de tactique d’affaiblissement du dollar», a indique M. Trichet. La décision de la Fed irrite en revanche les pays émergents d’Amérique latine et d’Asie, qui ont menacé jeudi d’adopter de nouvelles mesures pour endiguer l’afflux de capitaux sur leurs marchés, et pousse à la hausse les cours des matières premières. Ainsi, le baril de brut léger américain repasse au-dessus de 86 dollars (+ 1,30 dollar à 86,07) et l’once d’or a été propulsée à 1.381 dollars au second fixing à Londres.
L’annonce du plan de la Fed a éclipsé les statistiques du jour, que ce soit la hausse des inscriptions au chômage aux Etats-Unis à 457.000 la semaine dernière ou l’augmentation de 1,9 % (contre 1 % attendu) de la productivité dans le pays au troisième trimestre.
Du côté des valeurs, Total, première pondération du Cac 40, s’adjuge 2,64 % à 40,62 euros, porté par les cours du brut.
Les banques sont également entourées. BNP Paribas avance de 3,66 % à 54,37 euros. La banque a enregistré une progression de 46 % de son bénéfice net à 1,9 milliard d’euros au troisième trimestre, grâce au recul de ses provisions pour pertes sur crédit et à la hausse de ses revenus. Le produit net bancaire progresse de 1,8 % à 10,85 milliards d’euros. Ces chiffres sont supérieurs aux attentes des analystes. Les provisions pour mauvaises créances ont diminué de 46,9 % à 1,22 milliard. Enfin, le groupe estime que les règles du Comité de Bâle III « auront un impact significatif, mais gérable » sur ses actifs pondérés. Son directeur général Baudouin Prot a déclaré à Reuters que l’établissement n’aura pas besoin d’augmentation de capital. Il se dit par ailleurs confiant pour le quatrième trimestre. Les autres banques sont également bien orientées, Société Générale prend encore 4,51 % à 44,845 euros, Crédit Agricole monte de 4,92 % à 12,465 euros et Natixis de 1,41 % à 4,444 euros.
Lafarge s’octroie 5,73 % à 45,24 euros alors que l’allemand HeidelbergCement, numéro trois mondial du secteur, a publié des trimestriels supérieurs aux attentes. Le groupe français publiera ses résultats demain matin. L’ensemble du secteur de la construction est d’ailleurs entouré, Vinci progressant de 2,94 % à 39,345 euros et Saint-Gobain gagnant 4,34 % à 35,69 euros.
LVMH engrange 2,76 % à 119,20 euros. Son président Bernard Arnault a déclaré au Figaro que l’entrée de son groupe dans Hermès est « pacifique » et qu’il entend conserver sa participation de 17,1 % dans une optique à long terme.
A l’inverse, Capgemini perd 4,46 % à 34,95 euros après avoir signé l’une des plus fortes hausses du début de matinée. La SSII a enregistré une croissance de 8,2 %, à 2,1 milliards d’euros, de son chiffre d’affaires au troisième trimestre. A données comparables, l’activité progresse de 2,5 %. Le groupe confirme ses objectifs de chiffre d’affaires pour le second semestre et de marge opérationnelle pour l’ensemble de 2010. Mais il pourra difficilement accélérer sa croissance entre le troisième et le quatrième trimestres et se montre encore prudent pour 2011.
Alcatel-Lucent chute de 7,93 % à 2,333 euros. L’équipementier télécom a dégagé un bénéfice d’exploitation ajusté de 61 millions d’euros au troisième trimestre, contre une perte de 11 millions un an plus tôt. Un montant toutefois inférieur aux attentes. Le chiffre d’affaires progresse de 10,5 % à 4,07 milliards d’euros, affichant ainsi sa première amélioration en dix trimestres. Le groupe réitère sa prévision d’une croissance de sa marge opérationnelle de 1 à 5 % cette année mais le free cash flow ne sera pas proche de l’équilibre à fin 2010, comme évoqué précédemment.
Alstom baisse de 1,68 % à 35,795 euros. Le groupe d’ingénierie et de transport a vu son bénéfice net reculer de 29 % à 401 millions d’euros au premier semestre. Le résultat opérationnel se contracte de 8 % à 763 millions d’euros, tandis que le chiffre d’affaires progresse de 8 % à 10,43 milliards. Alstom a confirmé ses prévisions pour l’exercice en cours et le suivant.
EADS plie de 4,05 % à 18,255 euros alors que la compagnie australienne Qantas a suspendu les décollages de ses A380 à la suite d’un atterrissage d’urgence à Singapour. Le transporteur attend de pouvoir déterminer l’origine de l’avarie qui a contraint un de ses pilotes à couper un réacteur avant de faire demi-tour. Singapore Airlines a lui aussi reporté ses vols dans l’attente des vérifications techniques.
En dehors du Cac 40, Rhodia progresse de 3,54 % à 21,225 euros. Le groupe de chimie de spécialités a publié un excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 235 millions d’euros au troisième trimestre, en hausse de 25 %. Le chiffre d’affaires progresse de 21 % à 1,36 milliard d’euros. La société table sur un Ebitda récurrent d’environ 900 millions d’euros cette année, au-dessus de son objectif de 200 millions d’euros par trimestre.
Bureau Veritas grimpe de 5,19 % à 55,78 euros, après la publication d’un chiffre d’affaires supérieur aux attentes, à 739,1 millions d’euros, contre 712 millions attendus, marquant une accélération de sa croissance organique.
Imerys prend 6,64 % à 46,345 euros. Le groupe de valorisation des matériaux a relevé son objectif de marge opérationnelle pour 2010. Le chiffre d’affaires a bondi de plus de 20 % sur les neuf premiers mois de l’année.
source :investir.fr


