bilan hebdomadaire : le CAC40 plonge de 6,1%
Quatrième semaine de déclin pour les places boursières mondiales avec à Paris un CAC40 en repli de 6,1% à 3.017 points ce vendredi soir.
Si le début de semaine s’est avéré relativement calme, les deux dernières séances ont été nettement plus éprouvantes pour les investisseurs avec notamment un plongeon de l’indice phare parisien de 5,5% sur la seule journée de jeudi. Les indices ont plié sous le poids d’une série de mauvais indicateurs économiques publiés aux Etats-Unis, ravivant le risque de récession, alors que la rencontre entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy n’a guère convaincu.
Si le couple franco-allemand a proposé des solutions de moyen terme avec la création d’un gouvernement européen, d’une “règle d’or” en matière d’équilibre des finances publiques et l’adoption de mesures de convergence concernant l’impôt sur les sociétés des deux côtés du Rhin, les opérateurs ont surtout retenu l’écartement du recours à des euro-obligations comme solution de court terme à la crise financière qui frappe actuellement le Vieux continent.
Dans ce contexte, des secteurs comme l’automobile ou le pétrole ont encore été fortement chahutés, tout comme les banques sur des craintes de difficultés de refinancement de certains établissements alors que le marché interbancaire semble de nouveau se gripper. Le grand gagnant de la semaine est logiquement l’or qui a profité de son statut de valeur refuge pour atteindre de nouveaux sommets.
ECO ET DEVISES
Fitch Ratings a confirmé le triple A américain ainsi que les perspectives stables associées à la note souveraine américaine. La confirmation de la note suprême des Etats-Unis reflète le fait que les principaux piliers de l’exceptionnelle solvabilité américaine demeurent intactes, selon l’agence qui souligne son rôle pivot dans le système financier mondial ainsi que son économie flexible, diversifiée et riche qui fournit sa base de revenus. La flexibilité monétaire et des taux de change améliore encore la capacité de l’économie à absorber et à s’adapter aux “chocs”, ajoute Fitch.
L’indice d’activité manufacturière régionale dit “Empire State” de la Fed de New York est ressorti à -7,7 pour le mois d’août 2011, contre +0,5 de consensus. Ainsi, l’indice des conditions générales d’activité baisse de 4 points supplémentaires et ressort négatif à -7,7, sa troisième lecture négative indiquant une récession de l’activité manufacturière dans la région.
Selon le Département au Commerce américain, les mises en chantier de logements aux Etats-unis pour juillet 2011 se sont établies sur un rythme annuel ajusté des variations saisonnières de 604.000 unités, en repli de 1,5% en comparaison de juin 2011 (613 milliers) et en hausse de 9,8% sur un an. Les permis de construire, quant à eux, ont été au nombre de 597.000 sur un rythme annuel, en baisse de 3,2% en comparaison du mois antérieur et en hausse de 3,8% en glissement annuel. Les mises en chantier étaient attendues à 600.000 par le consensus et les permis à 605.000.
D’après les chiffres du gouvernement américain, l’indice des prix à la production aux États-Unis pour le mois de juillet 2011 a augmenté de 0,2% en comparaison de juin, ajusté des variations saisonnières, contre un consensus de 0% et une baisse de 0,4% le mois précédent. Hors alimentaire et énergie, éléments volatils, le PPI américain a grimpé de 0,4% en juillet, deux fois plus vite que ne l’attendait le consensus, après +0,3% en juin.
L’indice des indicateurs économiques américains avancés du Conference Board dévoilé ce jour pour juillet 2011 a augmenté de 0,5% en comparaison du mois antérieur, contre +0,2% de consensus et après +0,3% en juin.
L’indice d’activité manufacturière régionale de la Fed de Philadelphie pour août 2011 a plongé dans des proportions incroyables, ressortant négatif de -30,7 contre un consensus de +4 et un niveau de +3,2 en juillet. L’indice dévisse donc sur ses plus bas niveaux depuis mars 2009 et indique une forte contraction de l’activité manufacturière de la région ce mois.
Sur un an, la croissance allemande a progressé de seulement 2,8%, après +0,1% au deuxième trimestre, contre 3,2% escomptés. La lecture du 1er trimestre a été révisée de +1,5% à +1,
Sur le marché des devises, l’euro termine la semaine en hausse d’environ 1% au billet vert à 1,44/$ entre banques. Plombé par les craintes de baisse de la demande, le baril de pétrole termine en repli de 3% à 82,5 dollars pour le WTI ce vendredi soir.
LES VALEURS
Dans cet environnement de forte aversion au risque, très peu de titres se sont distingués à la hausse cette semaine. Au sein du CAC40 aucune valeur n’est d’ailleurs parvenue à terminer dans le vert sur cinq jours. On retiendra parmi les rares valeurs du SRD terminant en territoire positif sur la semaine, Groupe Flo (+10,7%), Nicox (+3,8%) ou encore DNX Corp (+8,2%).
A l’inverse, le secteur pétrolier a été lourdement pénalisé dans le sillage du baril de brut. Vallourec chute ainsi de 12,7%, Technip rend 7,9% et Total se replie de 3,2%.
Société Générale décroche de 13,8%, de retour à 21 euros. Il est vrai que l’environnement continue à être adverse pour les établissements financiers de l’hexagone puisque si la SG est la banque la plus sanctionnée, BNP Paribas (-11,8%) ou le Crédit Agricole (-5,9%) sont aussi à la peine, sans parler de Dexia qui dégringole de plus de 12%. L’aversion au risque des investisseurs est à nouveau très forte après une légère accalmie en fin de semaine dernière. Outre les inquiétudes liées à la perte de vigueur de la croissance économique mondiale, les banques sont victimes de l’annonce par le couple franco-allemand du projet de taxe sur les transactions financières en Europe. Si les contours de cette initiative sont encore flous, il est évident que la taxe aura un impact négatif sur le secteur. Enfin, les craintes de difficultés de refinancement de certains établissements alors que le marché interbancaire semble de nouveau se gripper n’ont pas arrangé la donne…
Wendel chute de 13,3%, portant à plus de 33% sa baisse en un mois. Comme toutes les sociétés de portefeuille, le dossier est doublement pénalisé par la chute généralisée, qui pèse sur son propre cours mais aussi sur ceux de ses participations. Un dossier comme Saint Gobain (-8,9%), auquel Wendel est lourdement exposé, a ainsi cédé près de 22% depuis la mi-juillet…
Veolia rechute de 10%. Pour ne rien arranger à la situation de l’entreprise, UBS a dégradé de “achat” à “neutre” son opinion sur ce dossier que le courtier juge “bon marché” tout en considérant qu’il a encore “beaucoup à prouver”. L’objectif de cours a été coupé de 21 à 11,50 Euros. L’analyste pense en effet que les restructurations et la régulation en France constituent des risques additionnels pour un dossier qui a déjà beaucoup déçu. En outre, le potentiel de redressement de l’entreprise est certain, mais UBS préfère d’autres acteurs de meilleure qualité plus sains.
Edenred trébuche de 8,7%. Le groupe a cédé sa filiale australienne Davidson Trahaire, société de conseil en ressources humaines, spécialisée dans l’assistance psychologique aux employés. Cette activité sans volume d’émission a contribué au chiffre d’affaires consolidé du groupe pour 18 Millions d’Euros en 2010. Le montant de cette transaction s’élève à 48,5 Millions de Dollars Australiens, soit environ 35 ME.
Hermès International recule d’un timide 0,7%. La maison de luxe a encore racheté 121.916 actions composant son capital la semaine dernière (du 8 au 12 août). Ces titres ont été acquis à un prix moyen de 222 Euros pour un montant proche de 27 Millions d’Euros. Depuis le 7 juin, le groupe a racheté près de 822.000 actions Hermès en déboursant 169 ME. D’après nos calculs, la maison de luxe détient désormais 1,1% de son capital (1.211.671 actions).
Lafarge s’effrite de 5,9%. Le groupe poursuit son programme de cession, avec la vente de ses actifs plâtre dans la région Asie-Pacifique à son partenaire Boral. Ce dernier va racheter les 50% détenus par le français dans leur co-entreprise Lafarge Boral Gypsum Asia (LBGA) pour 429 Millions d’Euros. Cette structure, qui emploie 2.100 personnes dans 20 sites de production, avait dégagé en 2010 un chiffre d’affaires de 181 ME et 31 ME part du groupe. La transaction devrait être achevée d’ici la fin de l’année, selon le vendeur. Avec cette transaction, Lafarge aura pratiquement cédé tous ses actifs dans le plâtre, hormis aux Etats-Unis.
EADS cède 2,7%. La compagnie australienne Qantas et sa filiale Jetstar ont opté pour la famille A320 d’Airbus. L’engagement porte sur un minimum de 106 monocouloirs, dont 78 A320neo, la version modernisée de l’appareil. Avec cette commande, la famille A320neo d’Airbus a déjà engrangé 1.200 commandes et engagements d’achat depuis son lancement, il y a neuf mois. L’A320neo sera commercialisé à compter de 2015.
GDF SUEZ (-6,1%) aurait mise en vente sa participation de 10,4% dans le champ gazier West Franklin, en Mer du Nord britannique, rapporte le ‘Financial Times’. Le groupe français serait même en négociations avancées avec un acquéreur dont le nom n’a pas été rendu disponible, prêt à mettre 600 Millions d’Euros sur la table. Cette participation est détenue via la co-entreprise Elgin Franklin, dont l’autre actionnaire est Total. La transaction aurait à l’origine été en rapport avec l’opération ICBC, mais c’est un autre acquéreur qui semble avoir émergé.
STMicroelectronics (-14%) : les craintes d’un ralentissement économique marqué pèsent sur le dossier, qui a peiné à restaurer sa rentabilité en phase de reprise, ce qui fait craindre pour les périodes de creux. La situation de la co-entreprise ST Ericsson préoccupe également.
ArcelorMittal plonge de 12,9%. Le titre du numéro un mondial de l’acier est ainsi proche de son plancher des dix dernières années à 12,575 euros. Valeur cyclique par excellence, ArcelorMittal fait logiquement les frais des risques de retour en récession des Etats-Unis de et de l’Europe.
Le secteur automobile n’a pas épargné par la purge à l’image de Peugeot (-14,7%) et de sa filiale Faurecia (-13,7%). Valeo (-11,8), Michelin (-10,9%) et Renault (-13%) ne sont pas en reste alors que l’industrie bénéfice pourtant de la correction des prix des matières premières et du pétrole…
Enfin, GECI International rend 3,8%, alors que le groupe aéronautique a dévoilé vendredi soir un chiffre d’affaires consolidé de 12,7 ME au 1er trimestre de son exercice 2011-2012 contre 16,1 ME pour l’exercice 2010-2011. Au cours du 1er trimestre de l’exercice, GECI International a enregistré un chiffre d’affaires ingénierie de 11,7 ME contre 14,8 ME sur la même période de l’exercice précédent. “Il est important de rappeler que l’exercice précédent avait connu un premier trimestre particulièrement favorable dans l’ensemble des filiales”, précise le Groupe. Ce premier trimestre voit un retour à la croissance séquentielle avec une progression de 6,5% par rapport à l’activité du trimestre précédent qui marquait un point bas à 11 ME.
source: boursier


